Les carnets de Roxane : Entrevista en Roergue
31 March 2026
Aqueste còp, vos prepausi un episòdi un pauc especial.
Cette fois-ci, je vous propose un épisode un peu spécial, puisqu’il est presque entièrement en occitan. Afin que même les débutants en occitan puissent en profiter, une introduction est faite en français, et vous trouverez ci-dessous des éléments qui vous permettront de suivre l’épisode.
Il y a 3 semaines, sur le parking de l’intermarché de Pont de Salars, qu’est-ce que j’entends ? Dos òmes que parlan patoés, oui, deux hommes qui parlent occitan ! Cela se fait si rare que nous avons été amenés à programmer un entretien radiophonique, diffusé ici-même, avec l’un des deux messieurs, Monsieur Fabry.
M. Fabry m’a expliqué des choses sur l’école, le mariage, le travail à la ferme, et son rapport à l’occitan. Je vous souhaite une bonne écoute, et vous invite si besoin à consulter ci-dessous les thèmes abordés au cours de l’épisode, avec un repère temporel.
5’ : Présentation :
Gérard Fabry, demeurant au Bousquet, un hameau du Vibal (Aveyron), né à Castres (Tarn) en août 1954.
Parents originaires du Vibal, mais partis travailler au Sidobre (carrière de granit, près de Castres) pendant 3 ou 4 ans. Grands-parents paternels originaires du Vibal, grands-parents maternels originaires de Castelnau-de-Mandailles. Les parents reviennent ensuite au Vibal, quand leurs enfants sont encore petits.
8’ : Souvenir de la mémé (qui était très fine, comme un “estelon” = un petit morceau de bois), qui faisait bouger une pierre de 4 ou 5 mètres de haut avec une branche, au Sidobre. Après l’entretien, j’ai fait des recherches, et il s’agit en effet désormais d’une attraction touristique, que l’on appelle “Le rocher tremblant des Sept-Faux”, un gigantesque bloc de granit de 900 tonnes.
11’ : L’école : au Vibal. Famille aveyronnaise depuis au moins 4 générations.
13’ : L’occitan est sa langue maternelle. Le français est arrivé à l’école, à laquelle il a commencé à aller quand il avait 6 ans.
L’école se situait à 1km, dans le village du Vibal. Il faisait le trajet à pied matin, midi et soir, qu’il neige ou qu’il pleuve.
Son père était charpentier. Le grand-père travaillait à la ferme, malgré son pied bot. Il dansait la bourrée sur un pied !
17’30 : Certificat d’études, puis 2 ans dans l’agriculture, et 5 ans dans la mécanique (3 ans d’apprentissage)
18’30 : il a ensuite rencontré sa future épouse et est parti à la “Mine du Pouget”, un hameau de la commune de Sainte-Eulalie-d’Òlt, où il est resté 20 ans à travailler à la ferme.
20’30 : Divorce en 1993. Il rachète la ferme familiale au Bousquet du Vibal, et rencontre sa seconde femme, originaire de Gabriac.
A la ferme, il y avait 9 hectares, des vaches, des brebis, des chèvres, deux potagers, ils faisaient du foin, du blé…
28’ : L’école et l’occitan.
Tous les enfants ne parlaient que patois ensemble. La maîtresse leur disait “ah non, c’est interdit”, “tu sais que c’est défendu”, quand elle les entendait dans la cour.
Cela dit, M. Fabry a toujours continué de parler occitan, et gardait le français pour l’école. Il ne l’a jamais supprimé.
N’ayant appris que le français à l’école, il n’écrit pas l’occitan, mais peut le déchiffrer en le lisant.
Encore en 2026, sa langue première d’expression est l’occitan. Il s’adresse à tout le monde en occitan d’office, même à la caissière d’intermarché par exemple !
